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 Retour d'expérience, dix mois après l'accident

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MessageSujet: Retour d'expérience, dix mois après l'accident   Mar 16 Sep - 15:41

Je me suis rendu compte que je n'avais pas expliqué pourquoi j'étais remonté en Bretagne pour faire soigner ma jambe après mon accident de novembre dernier. Alors je rectifie le tir. Bon, je préviens tout de suite. C'est trèèès long, mais y a dix mois de condensé là-dedans...

Voilà, le 12 novembre dernier, en rentrant du boulot (je travaille à Marseille), j'ai décidé de faire un détour par Vitrolle et Marignane pour rentrer chez moi à cause du mistral particulièrement violent ce jour-là. L'autoroute me paraissait trop dangereuse parce que je l'aurai reçu de travers et je n'avais pas envie de finir sous un camion, et la route de la chaîne de Corbières ne me rassurait pas en raison des goulets d'étranglement sur le versant Nord et les risques de sortie de route en redescendant du côté Marignane...

Ce jour-là, mon patron nous a tous fait partir à l'heure pur une raison toute bête mais qui n'a rien à voir avec l'accident, si ce n'est que du coup, je me suis retrouvé en plein rush à l'heure de pointe, donc beaucoup de monde sur les routes...

J'ai un peu la flemme de vous raconter les circonstances, alors je vais me contenter de vous faire un copier-coller du CR que j'avais mis sur le forum Varadero 125 à l'époque.

VTD a écrit:
Lundi après-midi… Pfouuuu, que la journée est longue… Vivement qu’elle se termine, et que je puisse rentrer chez moi. Je ferai un détour par Vitrolles, vu le mistral qui souffle dehors… Je préfère prendre cette route-là. Ca me rallonge de quelques kilomètres, mais je prends le vent de face ou de dos, et très peu par le travers. Et puis la vue sur l’étang de Berre est sympa, ça me détendra.

En plus, avec mes protège mains, je sentirai moins le froid. Je les ai montés samedi et je les ai essayés ce matin. Un vrai régal !

Bon, allez, c’est l’heure. Tour de cou, blouson, casque, gants… J’ai rien oublié ? Non, bon, impeccable. Me voilà parti

Bon sang, c’est vrai que ça souffle ! J’ai bien fait de pas prendre par l’Estaque, prendre le vent de trois-quarts en redescendant, c’est un coup à se mettre dans le décor. Et l’A55 avec le vent de travers, sans commentaire ! Pas envie de me prendre un camion non plus.

Allez, on négocie le grand virage pour passer sur l’A7, passage de Vitrolles. C’est qu’il y a du monde à cette heure-ci. Allez, je me cale sur un petit 90, histoire de rester dans la partie fluide du trafic.

Hop, c’est là que je sors. RN113. Bon, ça a l’air de ne pas trop avancer non plus en sortie de Vitrolles… Je vais ralentir et me caler sur un petit 60/70, histoire de pas prendre de risque avec le vent qui vient de face et de laisser le temps aux caisseux de me voir arriver… Les pauvres, ils doivent galérer… Hein ? C’est quoi ça ? Meeeeerd !

Version texte de ce qui vient de se produire : je descend sur Vitrolles tranquillement, quand tout à coup, une voiture arrive sur ma gauche, en franchissant allègrement la ligne blanche, et se place à 90° de ma trajectoire. Je saute sur les freins, mais réalise tout de suite que je ne pourrai jamais m’arrêter à temps, même à 70. Coup d’œil à droite : impossible de me dégager, coup d’œil sur la voiture : [zut], je suis droit dans la portière et il y a une passagère. Je modifie légèrement ma trajectoire pour me prendre plutôt sa roue et éviter de me prendre sa portière et le toit de sa voiture. Craaaaac ! Ca y est, c’est parti ! La moto s’écrase dans sa roue avant et je me sens décoller, suivi par la Vara. Le tout a dû prendre moins de 3 secondes !

Oh bon sang, ça va faire mal ça ! Allez, on essaie de se recevoir proprement. Je me désolidarise de la moto qui vient de s’envoler. Je n’ai pas la moindre idée de la hauteur à laquelle je suis monté, mais le vol me paraît interminable, quand je reprend contact une première fois avec le sol. Ouch, ça fait mal ! Je décolle à nouveau, et je rebondis encore une fois avant de me mettre à rouler deux ou trois fois sur moi-même, pour finir quelques mètres plus loin sur le dos. Au moins, je suis toujours conscient. Mini check-list. Je sens encore mes bras et mes jambes, je baisse les yeux, OK, je suis encore entier. Je me redresse… Aaaaaaah, non ! Très mauvaise idée. Je sens les os de ma jambe gauche frotter et la douleur remonte jusque dans mes épaules. OK, je ne bouge plus. Je ne sens plus la douleur de ma jambe, que je sais déjà fracturée. Petit bilan : je dois avoir la jambe cassée, j’ai mal au côté droit dans l’abdomen. Et [zut] ! Mais qu’est-ce qu’il foutait là celui-là ?

Un témoin arrive : « Monsieur, vous allez bien ? »
« Non, pas franchement »(Oui, bien sûr, je me sens très bien, c’est juste que j’adore me coucher au milieu d’une nationale aux heures de pointe. Ca me détend… Vous avez d’autres questions bêtes ?)
« Monsieur, prenez ma main, serrez la… Vous êtes resté conscient ? Ne vous inquiétez pas, le secours sont prévenus, ils vont arriver »

Première bonne nouvelle ! Ouf, je suis rassuré. Au moins, quelqu’un a eu le réflexe de prévenir les pompiers.

Le bon samaritain me tient le crachoir en attendant l’arrivée des pompiers, qui seront particulièrement rapides. Ou alors, ma perception du temps est complètement faussée.
Il connaît bien cette route. Il me dit qu’il est motard aussi (Oh le menteur, je l’ai entendu descendre de voiture…).

J’ai froid, j’ai mal, et j’entends le caisseux arriver à côté « Je suis désolé, je ne vous ai pas vu arriver. Je l’ai pas fait exprès »
(Sans blague ? Encore heureux qu’il ne l’a pas fait exprès, il manquerait plus que la saison de la chasse aux motards soit ouverte !)

La police arrive et prend la situation en main. Je n’aurai pas l’occasion de leur parler, j’en entendrai juste un dire au conducteur de la voiture qui tente de se justifier : « Ecoutez monsieur, de toute manière, rien ne justifie de franchir une ligne blanche. Sous aucun prétexte vous n’aviez à couper cette ligne blanche ! »

Il me semblait bien aussi qu’il n’avait rien à faire là…

Les pompiers arrivent, je suis encore groggy, sous le choc de l’accident, je revis les secondes qui ont précédé le choc et celles qui l’ont suivi. Je ne comprends pas ce qui s’est passé. D’où la voiture est sortie, ni où elle comptait aller…

« Bonjour monsieur, je suis pompier, ne vous inquiétez pas, on s’occupe de vous. »

Le bon samaritain se relève, me souhaitant bon courage. Je ne sais pas si les policiers ont pris son témoignage, ni même s’il avait vu l’accident ou était trop loin pour voir quoi que ce soit…

« Monsieur, vous avez perdu connaissance ? »
« Non, non, je suis resté conscient tout le temps… »
« Vous savez comment vous vous appelez ? »
Ben, oui, j’y donne mon nom, mon numéro de sécu et le numéro de téléphone de mes parents en Bretagne au cas où…
« Vous savez quel jour on est monsieur »
« Oui, un lundi…C’est un jour de [zut], donc c’est forcément un lundi… »
« Il faut qu’on vous pose une intraveineuse, est-ce qu’on peut couper votre blouson ? »
« Ben, oui, s’il le faut vraiment… »

Coups de ciseaux. Ils galèrent pour découper la manche et la doublure (c’est qu’il fait frais, et puis c’est du Bering !)

« Votre pantalon aussi il va falloir le découper, de même que vos chaussures. »
« Allez-y, coupez ce qu’il faut, mais faites gaffe quand même avec vos ciseaux… Visez bien… »

L’un des pompiers me pose l’aiguille, celui qui se tient près tient de ma tête me dit : « Vous avez de belles veines, c’est pratique pour vous piquer »
« Oui, j’ai toujours eu beaucoup de veine… »
« Non, ce n’est pas ce que je voulais dire. Mais au moins, vous gardez le sens de l’humour, c’est bien. »
« Ben, de toute façon, je suis à terre, mais au moins je suis vivant. Je ne vais pas pleurer non plus… »
« En tout cas, heureusement que vous étiez bien équipé, votre blouson vous a sans doute sauvé. Et le casque aussi ! »

Oui, sans doute. Une petite pensée de remerciements aux ingénieurs de chez Bering et Airoh, qui se défoncent pour sauver la vie aux inconscients qui roulent à moto. Je ne suis même pas sûr qu’ils sachent le nombre exact de vies que leur travail permet de sauver chaque jour !

Les infirmiers prennent toutes leurs mesures : sat’, température, pouls, etc… Palpation et confirmation d’une fracture. C’est le médecin qui évaluera la gravité quand il arrivera. En attendant on papote. Je comprends bien qu’ils essaient de me garder conscient mais de toute façon, j’ai trop mal pour avoir envie de dormir.

Le médecin arrive enfin, en renfort des pompiers et à bord d’un second véhicule.

« Bonsoir monsieur, je suis le docteur »
« Bonsoir docteur, je suis la victime… Vous m’excuserez si je ne me lève pas… »

Et c’est reparti pour les questions habituelles. Rebelote, je lui décline mon état-civil, mon adresse, mon numéro de téléphone, mon numéro de sécu, le numéro de mes parents… Grand chelem quoi.

Palpation de ma jambe, prise de mesures à nouveau. Ma sat’ s’est effondré depuis la première prise semble t’il (si quelqu’un sait ce que ça veut dire, je suis preneur de la traduction, j’ai rien compris… Je ne savais même pas que j’étais équipé pour recevoir le satellite. Si j’avais su, je n’aurai jamais acheté un décodeur TNT. Je me serai branché direct sur la télé…

Allez, on m’enlève le casque. Je leur confie mes lunettes, qu’un pompier glisse dans la poche de sa veste.
« Heu, attendez, c’est un modulable, le verrou se trouve sous la mentonnière »

Le pompier tâtonne, mais ne trouve pas.
« Bougez pas, je vais le faire. » Je déverrouille le casque et relève la mentonnière. »C’est comme Dark Vador, mais sans les jets de vapeur… »
Grand sourire du pompier responsable de la manutention de ma tête, qui se prépare à m’enlever le casque. Il écarte bien la calotte et me le retire, pendant que son collègue me maintient la tête dans l’axe, le temps qu’on me glisse un collier cervical.

Allez, maintenant, c’est le moment douloureux : ils me soulèvent pour me glisser dans une coquille pour le transport vers l’hôpital. Le trajet sera très rapide, avec la sirène qui ouvre la voie. Et nous voilà arrivés à la clinique de Marignane.

Les pompiers me confient aux services d’urgence. Je les remercie encore et leur souhaite bon courage pour le reste de leur garde. Avec le mistral et la circulation sur la route, ils vont sans doute avoir une soirée chargée…

Le personnel des urgences est très accueillant, très sympathique et très professionnel. Ils achèvent définitivement mon pantalon. Dommage, mais après tout, ce n’est que du tissu.

« Alors monsieur, où avez-vous mal ? »
Je leur fait le bilan des diverses douleurs que je ressens depuis le choc, et je finirai par passer plusieurs examens (radios de la jambe bien sûr, mais aussi bassin, poignet, échographies de l’abdomen et du bas-ventre…) A la lecture des clichés, le résultat est prononcé : Fracture déplacée et plurifragmentaire du 1/3 moyen de la jambe gauche, contusion abdominale droite associée ainsi que deux autres contusions. Ca promet.

Pour le rest, vous connaissez la suite: une opération, 12 jours d'hospitalisation, 2 mois d'immobilisation ferme et grosses galères en perspective sur le plan administratif, surtout quand on ne peut pas se déplacer...

Je vous mettrais les photos un peu plus tard. Là, le CR m'a un peu crevé. Je vais me reposer les doigts...

Enfin, je ne voulais pas finir mon CR sans remercier la police et les pompiers, mais aussi les témoins qui se sont arrêtés, et l'équipe de la clinique de Marignane (surtout Stéphanie, Christine, Séverine, Annick, Soraya... et toutes les autres infirmières, presque toutes plus charmantes et agréables les unes que les autres)


Bref, à la sortie de l'hôpital, je suis allé voir dès que possible ma moto, ou plutôt ce qu'il en restait...

Les photos parlent d'elles mêmes... J'ai eu beaucoup de chance. La voiture est partie à la casse... C'était une Citroën C3 quasi-neuve.

La radio de mon arrivée à l'hôpital, et mi-décembre.

Après ça, c'est l'enchaînement des galères. Pour résumer, j'ai toujours une plaque dans la jambe, j'ai développé une algoneurodystrophie (qui semble s'être soignée toute seule mais je me méfie, des fois qu'elle ne soit qu'en sommeil)

Six mois enfermé tout seul chez moi dans le Sud, sans possibilité de prendre la voiture à cause de mon attelle et de la douleur, soigné à coups de codéine... Pas top.

Début mai, je suis remonté dans le coin, pour transférer mon dossier à l'hôpital des Armées parce que le suivi dans le Sud me paraissait un peu léger...

Arrivé ici, douze jours d'hôpital, scanners, radios etc... Je suis ressorti avec une prescription d'oxycodone, un équivalent de la morphine que je prends encore aujourd'hui. Les toubibs m'ont diagnostiqué une pseudarthrose, c'est à dire une absence de consolidation.

Je n'affiche pas les photos directement, mais je vous donne le lien vers les images de mon dernier scanner.

Pour le moment, aucune évolution. Je vois mon toubib mercredi prochain et je saurai si je dois recevoir une greffe osseuse ou non...

En attendant, je n'ai pas pu reprendre le travail, je suis cloué chez moi avec les béquilles et l'attelle... Et je ne sais pas quels seront les impacts pour le boulot vu que je travaille dans la filière nautique et que j'ai besoin de mes deux guibolles pour bosser... Je sais déjà que si je dépasse les 5% d'incapacité au final, je ne serai plus couvert par les assurances pour la pratique des activités nautiques professionnelles...

Donc voilà. J'en suis à dix mois de patience, de galère, de moral à zéro... Les journées sont longues, mais je sais que j'ai eu beaucoup de chances de m'en sortir aussi bien. Mon casque a éclaté à l'impact contre la route, mais je n'ai eu aucune perte de connaissance.

Je vous passe les détails sur les soucis administratifs, sachant que je n'ai toujours rien reçu comme dédommagement pour la moto, et que je ne sais pas encore ce que ça donnera pour ma reprise du travail...

Bref, un petit rappel avant le début de l'automne: soyez prudents! Un accident, ça ne se prévoit pas, la seule façon de le prévenir, c'est d'être prudent et toujours en éveil, même si ça ne suffit pas toujours.

Gaffe les gars, et bonne route!
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Samseve
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MessageSujet: Re: Retour d'expérience, dix mois après l'accident   Mar 16 Sep - 21:07

vache !!!!
bon courage
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Retour d'expérience, dix mois après l'accident
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